Douceur

Aux fleurs de toutes les nuances qui font penser que chaque couleur s'étend sur une palette infinie, manquera désormais cette étincelle qui transforme le jardin en un espace habité, un territoire : le chat qui apparaît silencieusement...

...ou presque.

Seulement le son velours du coussinet qui frôle la mousse, un déplacement imperceptible, une présence décelée un quart de seconde avant que l'oeil n'apporte l'image féline.

Un regard serein et malicieux qui sait le monde et ses secrets, invisibles à notre âme polluée par l'objet. Un ressenti d'ordre primaire, acquis doucement par observation et partage oculaire me reste maintenant : aux aguets du moindre frémissement de l'air dans les herbes, sur les feuilles, glissant doucement jusqu'à mon oreille me peindre le corps de l'oiseau que je devine autour de moi.  

 

rose

Un bout de mon jardin le soir, à l'heure rose 

 

Un vide énorme soudain dans cet espace qui n'a plus de frontière. La joie de savoir qu'à tout moment l'animal viendrait me rappeler que je viens de la terre et que l'air que je respire est chargé de choses pour qui sait sentir, et que je n'entendais pas... je suis désormais seule, à l'heure d'un rendez-vous pour une discussion en mode "sixième sens", entre moi et... moi.

L'air du jardin a le parfum d'une présence particule infinie.

 

arbre Maulevrier

 

 Arbre taillé du jardin de Maulévrier, Maine et Loire