Partie sous la pluie, les essuies glace en balais monotone durant quatre heures, rassurée par la présence de mon petit monde dans les cartons à l'arrière de la voiture, je pense malgré tout avoir perdu le sillage d'une formidable comète un peu après Rouen... Le coeur chagrin, la Normandie m'a accueillie à bras ouverts, au coin d'un feu, des merveilles à goûter et à entendre. Le plaisir de partager les fenêtres et la lumière des impressionnistes de Bruxelles à Giverny, m'a réconcilié avec moi même.

Puis le bel écrin gris clair de la petite salle du Domaine de Berson, a fini de bercer mon balancier, et la paix retrouvée, les cartons vidés, mes nuages se sont envolés. La couleur et la légèreté ont pris place jusque dans la bibliothèque, où flottent dorénavant le voile de la mariée, la trapéziste  et l'ange pas sage.

salle

Trois vols

Le cabinet de curiosités très sage, lui, regardait d'un oeil réprobateur les pitreries du Livreur de petits poids et de la donzelle qui Panique sur Hollywood Bld, un peu à l'image de sa créatrice...

1,2,3

Mémée dans la valise s'en fichait car elle n'avait pas fini la culotte de laine de Coco, quant aux cygnes, ils surveillaient leur avenir avec responsabilité. Il ne me restait  plus qu'à choisir entre les 3 costumes à revêtir pour prendre place à l'intérieur de la Petite maison voyageuse qui m'emporterait au dessus des paysages variés. 

costumes3

 

vernissage

Après un sympathique vernissage dans les jardins, le retour s'est déroulé sous un soleil radieux. Puis, déclinant, Râ a appliqué de larges coups de pinceaux dorés sur les feuilles des peupliers, sur les chaumes, et le vert des forêts a pris une teinte moirée chatoyante. Un voyage comme un morceau de jazz, du Nina Simone ou du Nat King Cole, enlevé et fougueux m'a permis de me poser en douceur dans les fleurs de mon jardin, telle une libellule, fatiguée, qui prendrait quelques minutes de repos sur la tige souple d'une graminée.

 

*